Nuits sonores à l’Hôtel Dieu

Les Nuits Sonores vues par une bénévole : Le bar à l’Hotel Dieu

Voilà bien 4 mois que j’avais décidé que cette année, pour continuer ma participation active et naissante dans le milieu associatif lyonnais, je me ferai Bénévole pour les Nuits Sonores. Tous les échos étaient bons, et je me suis clairement dit que c’était le bon moyen de découvrir ce festival de l’intérieur.

Le mercredi, tout commença doucement mais sûrement, après mon dernier partiel qui se terminait à 18H30 à Bron. J’avais rendez vous à 20H à l’Hotel Dieu pour le début des hostilités : l’Inauguration. Forte de ma réputation de bizzu’, je suis arrivée à 20h pétante, accompagnée d’une amie/acolyte de festival, portant fiérement le t-shirt blanc vif à l’éffigie des Nuits Sonores, le badge au cou, prête à tout, même à tuer un style pour faire partie de cette grande famille. Première et unique déception/soulagement, personne ne porte le t shirt des bénévoles, c’est un simple cadeau. Je souffle. Je rencontre notre « manager » qui nous explique bien sympathiquement comment marche le bar, ce qu’il faut faire et ce qu’il est déconseillé de… Bon esprit, je commence à destresser… Puis les premiers clients arrivent, et demandent nombre de bières et autres breuvages en échange de ces mignons Tokens. J’accepte le deal avec le sourire pendant qu’un fût de bière m’explose à la tête. Je m’arrête de temps à autre, voir des amis et écouter le son, et bois des bières avec mes propres Token. C’est sincèrement un travail ça ?

J’enchaine sur la Nuit 1. Tout va bien, le lendemain, je commence tard, je vais pouvoir en profiter jusqu’au bout de la night. J’arrive plutôt en forme le jeudi, prête à attaquer le bar avec vigueur et convivialité, surtout qu’ il y a des artistes qui ne me déplaisent pas, entre autre Matias Aguayo, Joy Orbison ou Dj Koze. On dandine sur le bar en buvant des bières, certains clients essayent de nous arnaquer voyant qu’on a un petit coup dans le nez, mais on se laisse pas faire. C’est pas encore le temps de la RedBulll, à l’époque, je trouvais ça vraiment répugnant… Tout cela a bien changé. Et j’enchaine sur… rien du tout, je rentre chez moi tranquillement, dort comme un loire, et arrive fraîche comme un gardon pour le NSDAY2.

NSDAY2. Grosse journée, on commence en début d’après midi avec un temps de rêve , si je m’en souviens bien. La communication s’établit dans l’équipe des barmans, on se raconte nos soirées respectives, et on enquête sur des gens fictifs qui auraient balancé à notre manager d’amour qu’on utiliserait pas vraiment nos TOKENS dans les règles de l’art, on crée une sorte de mouvement de libération du TOKEN en quelques sortes… Toujours pas de Redbull, j’enchaîne les bières, j’enchaîne les blagues, j’écoute du son : Tout va bien, je ne le redirai jamais assez. L’experience est ponctuée par un plateau repas sur lequel je ne ferai aucun commentaire, la découverte de la salle des bénévoles où l’on peut boire du café, manger des fruits et se caller dans des canapés (thumbs up). On est clairement choyés…  On se dandine, on rit un peu trop fort, mais on passe au public l’image d’une équipe qui malgré la fatigue garde la pêche et la gardera jusqu’à la fin…

Malheureusement arrive la nuit 3 et les conséquences qui s’ensuivent. NSDAY3. Texto pas très matinal à mon manager : « N*****, j’ai perdu mon badge hier… » ; 5 minutes plus tard «  Ha non c’est bon ». Échec, la journée s’annonce dure, mais la prog’ est tellement cool que je ne serai pas en retard. J’arrive en avance avec une tête de lendemain de soirée de lendemain de soirée de lendemain de soirée. On me rit au nez : « T’es sûre là ? Tu veux pas aller te recoucher ? » Ok. On me cherche on me trouve, donnez moi de la Redbull ! J’en bois, mmmh c’est pas si mal. Ok. Bière. Bon, ça passe pas trop, je vais me coucher ? Non, t’es plus forte que ça. J’ère un petit peu en ce début de journée. Les « clients » me regardent bizarement, j’essaye de sourire. L’équipe oscille entre personnes qui égalent mon état et les fantômes, ceux qui ne se mouillent pas, lunettes de soleil scotchées aux yeux, c’est bien trop silencieux. 16H30/17H, l’Hôtel Dieu s’éveille, on émèrge doucement, la Redbull fait son effet. Monsieur Sirusmo entre en scène, je sors du bar et vais bouncer. Il nous offre un set qui réchauffe nos corps trempés par la pluie. C’est un des moments qui fait que l’on est heureux d’être au Nuits Sonores. Modselektor continue et j’ai fini de travailler. Réputés par leur performance en live, j’y cours, je ne suis pas déçue, toute seule face à la scène, (oui, j’ai perdu tout le monde), je déguste le moment. Je suis extenuée mais prête à faire la fête et profiter de la dernière nuit au maximum. Je me sens comme faisant partie de la famille, entre bénévoles, on potasse sur tout ce qu’il y a de potassable. Le jour que j’aurais pu croire être le pire fut en fait le meilleur.

Nuit 4 et MiniSunday. Il pleut des cordes ce dimanche. L’hôtel Dieu s’habille d’une aura triste, celle d’une fin de festival réussie. On continue à boire des bières, sachant très bien que ce soir, on va bader. C’est la fin, la musique continue de jouer, les bénévoles sont crevés mais contents, derrière ou devant le bar on profite encore de ces derniers instants, éphémères mais tellement bons, tellement vrais. Merci les Nuits Sonores pour cette expérience hors du commun, et à l’année prochaine !

Yasmine I.

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