Édito #33 : Nous sommes pacifistes.

Salut Lyon !

En ces périodes estivales nous avons été dans l’obligation d’accorder quelques vacances à nos stagiaires (eh oui, apparemment c’est légal). Nous avons dû revoir notre rédaction pour l’été. Il faut l’avouer, ces petites mains et cerveaux bien faits, gratuits, efficaces et discrets sont indispensables au bon fonctionnement d’une structure culturelle, qui elle pâtit déjà depuis longtemps de ce que les journaux appellent depuis peu l’austérité. Ces impératifs nous poussent à ne faire que la moitié de ce qui avait été programmé. Nous conserverons bien entendu le principe de parité et pour les portraits maintenus cet été, sois rassuré cher lecteur il y aura de quoi faire !

Autre contrainte d’une politique étatique (voire patriotique) : la fête nationale. Ce week end, la France entière célèbrera les festivités du 14 juillet. Un évènement d’envergure que nos compères internationaux regardent avec une certaine curiosité. « Une fête nationale, oui mais pourquoi si grande ? » Cette date marque l’histoire de la France, mais n’a pas été tout de suite reconnue comme telle. Tout commence avec la prise de la Bastille bien entendu et le principe des défilés des armées fédérées tout juste un an après, le 14 juillet 1790. Le « concept » est abandonné jusqu’à ce que la IIIè République ait besoin de matière pour créer un nouvel imaginaire national et ce, dès l’année 1880. Ils décident donc de faire de la Marseillaise l’hymne national et de choisir le 14 juillet 1790 (et non 89, qu’ils jugeaient déjà trop violent), comme jour de la Fête Nationale.

Voilà de quelle façon la France, au moyen de défilés, feux d’artifices et bals, célèbre cette date et son armée depuis plus de 100 ans. Voilà comment des jeunes pré-bubaires se prennent à jouer les pseudos artificiers en faisant de la ville un enfer. L’équipe évitera donc la foule et les hostilités intempestives des grandes villes pour retrouver un collectif de lyonnais, cette fois-ci présenté au Festival d’Avignon. Le Komplex Kapharnaüm est programmé sur la place du Palais des Papes le soir du 14 juillet. Les projections d’images et de vidéos remplaceront ainsi les traditionnelles pétarades, pour envoyer sur les façades de ces bâtisses historiques une certaine histoire du théâtre. Le thème leur a été imposé, théâtre et hommage à Jean Vilar. Nettement plus poétique et pacifique qu’un défilé militaire.

Lyon, tu peux rester chez toi pour nous lire ce week end.

L’équipe de MIIY
Illustration : SG

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