MIIY est bel est bien présent au cœur du Festival d’Avignon, et même si les publications ne sont pas comme promis hebdomaires faute de temps, l’effervescence et le pluralisme du festival bat son plein.
Pour ce premier article, nous allons nous consacrer à un hommage à Jean Vilar dont c’est le centenaire de sa naissance cette année, et qui a eu lieu le 14 Juillet dernier. Hommage commandé par le Festival d’Avignon au Komplexkapharnaüm, collectif d’artistes de rue Villeurbannais, Place Public a été un moment fort en émotion du festival. Évènement gratuit et ouvert à tous, la performance visuel et sonore a eu lieu sur la place du Palais des Papes à Avignon. Lieu mythique par son histoire puisqu’il a été celui de l’inauguration du Festival d’Avignon lors de la semaine d’art en septembre 1947.
Quelques jours avant la performance, j’ai pu rencontrer Pierre Duforeau, un des deux directeurs artistiques de la compagnie, pour un entretien au centre de l’action, dans l’ancien conservatoire d’Avignon, lieu majestique qui se trouve face au Palais des Papes. Le collectif comprenant plus de trente personnes comporte des artistes visuels, plasticiens, djs, etc.
Aux alentours de 23h, place du Palais des papes. Une foule de personnes est là, arrive et passe. Certains viennent certainement comme moi participer à cet évènement festif, forme spectaculaire évoquant l’artiste/fondateur du festival d’Avignon. D’autres, pas au courant, regardent avec étonnement le Palais des Papes naître à nouveau.
Le projet Place Publique du Komplexkapharnaüm est étonnant et les puristes de Jean Vilar affirmeront aujourd’hui que cet hommage n’en est pas un. Plus que ça, cette performance convoque le passé et le présent, n’essaye pas de suivre la vie de Vilar, mais d’en donner un regard. Projections, fresques murales, musique live et témoignages. Entre autre, on rencontre Sonia de Beauvais, relation publique de Jean Vilar à l’époque du TNP, Jack Ralite, politicien et critique. Des hommes et des femmes qui ont connu Vilar, et qui nous donnent leur vision de ce qu’était cette époque. Des plus jeunes sont aussi présents, pour montrer en quelques sortes que tout n’est pas figé et que le Festival continue, dans ses questionnements actuels.
Après avoir vécu cette performance, il y avait une part de dualité en moi. Dans un sens, j’ai aimé parce que je connais l’époque, je l’ai étudié et me suis sentie concernée par l’engagement et la rigueur artistique de Jean Vilar. Cependant, après avoir receuilli quelques témoignages de personnes de milieux sociaux et d’âges différents, j’ai ressenti que cela n’avait pas touché beaucoup de monde. L’événement qui aurait pu/dû être celui de la fête et du regroupement, s’est montré sous un jour différent, du moins pour son public. Performance visuel, travail technique et sonore indéniable certes, je l’ai vécu avec beaucoup d’émotions. Les fervents défenseurs de Vilar affirment que le spectacle n’est entre autre rien de plus qu’un son et lumière, tandis que les néophytes sont d’accord sur le fait qu’ils n’ont rien compris. Les deux groupes alors se réunissent sur le fait que le spectacle, manquait d’une part « pédagogique » voir démocratique. Avis partagés, le moment fût fort agréable cependant, et je vous recommande vivement de venir rencontrer les Komplexkapharnaüm, collectif Villeurbannais dès la rentrée !
Yasmine I.
Plus d’infos sur le Collectif sur : http://www.kxkm.net/


